La mise en place de neuf zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes métropoles régionales jusqu'en 2023 encourage le renouvellement du parc automobile, en faveur de voitures moins polluantes. L’effet des ZFE reste toutefois faible par rapport au renouvellement tendanciel du parc, lié à l’obsolescence progressive des véhicules anciens et leur remplacement par des véhicules neufs. Sur cinq ans, le parc des voitures les moins polluantes (Crit’Air 1 et électriques) augmente de 88,4 % dans les intercommunalités dotées d’une ZFE, dont 5,8 points sont attribuables au dispositif. Les ZFE accentuent également le recul des voitures plus polluantes (Crit’Air 3 et 4), avec des effets estimés respectivement à ‑4,5 et ‑5,5 points, pour des baisses totales de -34,5 % et -53,6 %. La baisse des émissions suit la même logique : les ZFE contribuent à réduire les émissions d’oxydes d’azote, de particules fines et de dioxyde de carbone, mais la majorité du recul observé provient du renouvellement tendanciel du parc automobile, en lien avec le renforcement progressif des normes Euro antipollution sur les véhicules neufs.Les estimations mettent en évidence une réorientation des achats de voitures sur le marché de l’occasion. L’impact sur le marché du neuf ne peut être estimé de manière robuste, car le recul du diesel dans les achats de voitures neuves était déjà plus marqué dans les ZFE qu’ailleurs avant la mise en place de la mesure. L'effet des ZFE est anticipé par rapport à leur mise en œuvre et se matérialise dès l’annonce des restrictions. En revanche, les ZFE modifient peu les comportements de mobilité : deux ans après leur entrée en vigueur, les voitures des résidents ne roulent pas significativement moins et les déplacements domicile‑travail en voiture ne diminuent pas.
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