Philippe Lacadée, Stefan Zweig. L’ombre et le réel du corps vivant
Préface de François Ansermet  L’œuvre de Stefan Zweig éclaire la façon dont, au début du XXe siècle, la littérature s’est emparée des questions fondamentales de l’être. Elle a saisi qu’avec Freud l’inconscient n’est ni un réservoir obscur, ni un résidu stagnant de l’âme, mais une ombre qui s’entend à la surface du discours. Zweig a attrapé cette ombre par la structure du récit enchâssé de celui qui, sorti de l'ombre justement, s’adresse au narrateur dans une expérience de parole. De cette opacité au coeur de ce qui fait l’humain vécue comme étrangère, il appréhenda la jouissance indicible. La logique de ses écrits se soutient de cette Ombre devant soi et l’élégante solution de sa plume mélancolique trouve, dans l’encre de sa bile noire, la substance de ce qui touche à la pulsion de mort. Se décrivant comme le « Juif errant », Zweig aimait l’Europe des langues à laquelle il adressa de véritables déclarations d’amour pour la soulager de sa souffrance, de sa maladie mentale. Sa réponse aux événements politiques et à la montée du nazisme fut celle d’un combattant pacifiste révélant la persécution de la barbarie nazie dans Le Joueur d’échecs. L’essentiel de ses conférences et écrits porte la marque de [...]
Espace publicitaire · 300×250