
Plaisirs et sociabilité au XVIIIe siècle Congrès de la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle (SCEDHS) Hôtel Gouverneur, Trois-Rivières (Québec, Canada), les 20-23 octobre 2027 La civilisation du siècle des Lumières a fortement valorisé les plaisirs. Si elle est souvent associée au goût du XVIIIe siècle pour le libertinage, la promotion que connaît alors l’idée de plaisir comporte pourtant une dimension qui est d’abord polémique et philosophique. Il s’y s’exprime en effet le refus de toutes les morales rigoristes héritées du XVIIe siècle. Celles-ci considèrent généralement que la recherche du plaisir est dictée par les passions dépravées qu’inspire une nature humaine jugée égoïste et prédatrice. En ce sens, pendant tout le XVIIIe siècle, célébrer les plaisirs correspond à un fait de civilisation fondamental : réhabiliter la sensibilité humaine, qu’il s’agisse du corps ou des émotions, des sensations ou des affects, ou encore de ce que le romancier français Crébillon fils appelle, avec esprit, les « sentiments du corps » (Tanzaï et Néadarné, 1734). Désormais, le plaisir et l’attrait qu’il exerce sont conçus comme une « loi de la nature » qui « est d’une telle autorité que nous ne pouvons pas nous empêcher d’y obéir » (Fréret, Lettre de Thrasibule à [...]
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