
Le ton monte autour de Fibre Excellence à Tarascon. Ce vendredi 18 septembre, le ministère chargé de la Transition écologique annonce que l’ADEME va intervenir pour réaliser des opérations de mise en sécurité sur le site classé Seveso.
L’État évoque notamment la présence de bois, de produits chimiques et de déchets dangereux, ainsi que des risques d’incendie et de pollution du Rhône. Une visite de l’inspection des installations classées et de l’ADEME a été réalisée le 15 septembre. Le préfet des Bouches-du-Rhône doit désormais prendre un arrêté de travaux d’office.
Le ministre Mathieu Lefèvre emploie des mots particulièrement sévères : « Depuis des semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence. » Il annonce également que la facture de l’intervention sera adressée aux liquidateurs.
Les liquidateurs contre-attaquent
La réponse n’a pas tardé. Les co-liquidateurs judiciaires contestent « avec la plus grande fermeté » les accusations d’« incurie » et de « mises en danger réitérées ». Ils affirment surtout avoir eux-mêmes proposé à la DREAL, plusieurs jours auparavant, l’intervention de l’ADEME.
« Le ministère transforme ainsi une solution proposée par les liquidateurs eux-mêmes en élément à charge contre eux », dénoncent-ils.
Ils mettent également en avant les événements du 17 septembre, lorsque plusieurs dizaines de personnes auraient pénétré sans autorisation sur le site. Selon leur version, certaines installations auraient même été remises en fonctionnement, conduisant Realtec à retirer ses équipes pour des raisons de sécurité.
Reste désormais la question de la facture. Alors que l’État entend la faire supporter aux liquidateurs, ces derniers contestent par avance qu’une décision du ministère puisse créer une dette personnelle à leur charge.
Le dossier Fibre Excellence se transforme ainsi en véritable bras de fer entre l’État et les mandataires judiciaires, sur fond d’urgence environnementale et de bataille sur les responsabilités.







